Bonjour,
Une fin d'été bien chaude : Orléans
où il est question de revoyer au pays une jeune malienne
menacée d'excision, à Sens où une mère
congolaise est assignée à résidence
pendant que ses deux aînés (14 et 15 ans) sont
en fuite pour échapper à l'expulsion, et tant
d'autres. Paris enfin ou Nourredine a refusé hier
d'embarquer pour le Maroc après avoir passé
le mois d'août en rétention. Il risque 3 mois
de prison, il sera jugé en comparution immédiate
lundi prochain à 13 h au TGI de Bobigny.
Il faudrait qu'on soit le plus nombreux possible pour le
soutenir, on essaye de faire venir la presse. C'est important
!
Pour les autres affaires (Orléans, Sens) des communiqués
en début de semaine et un numéro du BLIS en
milieu de semaine.
à
bientôt,
Education sans Frontières
educsansfrontieres@free.fr
20/08/2005
Adresse postale : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012
Paris - /
Contacts sur ce dossier : Jean-Michel Delarbre 06 89
30 86 15 Richard Moyon 06 12 17 63 81
20 août 2005
NOURREDINE, 20 ANS,
APRES LA RETENTION, LA PRISON ?
Nourredine ISMAILI, lycéen marocain de 20 ans scolarisé
au L.P. du bâtiment Hector Guimard, 19 rue Curial
à Paris (19ème arr.) est menacé de
plusieurs mois de prison après avoir passé
l’essentiel du mois d’août en centres
de rétention.
Ce garçon vit chez son père, en France, depuis
l’âge de 14 ans, il y a fait ses études,
il a les préoccupations d’un jeune de 20 ans.
Son père (carte de séjour de 10 ans), aujourd’hui
invalide, a laissé sa santé sur les chantiers
et dans les usines de ce pays où il a été
exploité des dizaines d’années durant.
Sa mère est en France, en cours de régularisation.
Le frère de Nourredine est français, sa sœur
est mariée à un Français et sera française
si elle le souhaite. Il n’a plus ni famille proche,
ni attaches dans le pays où on veut le renvoyer de
force. Mais, mal renseigné ou négligent, il
a mal fait les démarches qu’il aurait dû
entreprendre à sa majorité. Une erreur qui
mérite la rétention, la prison puis le bannissement ?
Pourtant, le 3 août, il était placé
en rétention, d’abord à la Cité
puis à Vincennes. Certains profitent du mois d’août
pour faire la tournée des Grands Ducs, pour lui c’était
celle des « Horreurs de la République ».
Le 19 août, il était transféré
à Roissy. Il refusait d’embarquer. Immédiatement
placé en garde à vue, il sera jugé
en comparution immédiate pour ce « délit »
le lundi 22 août à 13 heures par la 17e (ou
la 18e) chambre du TGI de Bobigny. Il risque 3 mois de prison
à l’issue desquels il pourrait à nouveau
être présenté à l’embarquement
et encore condamné en cas de refus. Pourtant, lors
d’une première comparution pour un premier
refus d’embarquer, le juge l’avait dispensé
de peine, une façon implicite d’estimer injustifiée
la reconduite à la frontière et compréhensible
son attitude.
Le
Réseau Education sans Frontières appelle
à se rendre à l’audience du TGI
lundi 22 août à 13 heures
173 av Paul Vaillant Couturier 93000 BOBIGNY Métro
Bobigny-Pablo Picasso |
Pour marquer sa solidarité à Nourredine et
à sa famille.
Pour demander qu’il ne soit pas condamné.
Pour demander sa libération immédiate et le
titre de séjour auquel il a droit afin de poursuivre
ses études et, par la suite, vivre dans le pays où
réside sa famille.
La persécution dont Nourredine et tant d’autres
sont victimes n’a d’autre raison que la volonté
de ministre de l’Intérieur de soigner son image
de politicien teigneux. Pour que certains rêvent en
se rasant, des mômes doivent trinquer. Joli métier.
LA TENTATION DE GUANTANAMO ?
L’attitude du ministère de l’Intérieur
et de la Préfecture de police dans les heures qui
ont précédé la tentative d’expulsion
de Nourredine Ismaili constitue une étape supplémentaire
dans la volonté de placer les services chargés
de la gestion des Etrangers hors de tout contrôle
de la population et des administrés.
En effet, des consignes avaient visiblement été
données au standard de la Préfecture de police
pour qu’il trie les appels et refuse de passer au
Cabinet du préfet toute communication émanant
du RESF et des organisations qui le constituent. Seuls demeuraient
accessibles des services et des fonctionnaires n’ayant
pas compétence pour décider.
Même attitude au Ministère de l’Intérieur
où, joint par téléphone, le membre
du Cabinet de M. Sarkozy en charge de l’immigration
a fait répondre successivement par son secrétariat
qu’il était momentanément absent, en
réunion ou ailleurs mais qu’il allait rappeler
« dès que possible ». On attend
toujours.
L’administration dispose en matière de droit
des étrangers de pouvoirs exorbitants. Le seul contrôle
qui s’exerçait encore sur son omnipotence avec
celui, aléatoire, de la justice, était le
suivi des militants et des associations qui s’acharnent
à tenter de faire respecter un minimum de justice.
En juillet, la préfecture de Bobigny refusait par
deux fois qu’un jeune majeur étranger sans
papiers soit accompagné au guichet par l’une
de ses enseignantes. La Préfecture de police et le
Ministère de l’Intérieur ont, à
leur façon, adopté une attitude similaire
dans le cas de Nourredine Ismaili.
C’est une dérive dangereuse. Le régime
de Guantanamo deviendrait-il l’idéal des services
de l’administration française en charge de
l’immigration ?
Organisations membres du
« Réseau Education sans frontières
»:
Syndicats et associations :
ADN (Association pour la démocratie - Nice), AITEC
(Association Internationale des Techniciens, Experts et
Chercheurs, Groupe contre la criminalisation des familles),
AMF (Association des Marocains en France), A.S.A.V. (92),
Association « En-Temps » (service des mineurs
étrangers isolés), Association Française
Janusz Korczak (AFJK), Association Intercapa Solidarité
Etudiants Etrangers, Association Sar-Phirdem, ATTAC-France,
CIMADE, Cinquième zone, CNT, Collectif Cetace (Créteil),
Comité de défense des droits des sans-papiers
(59), Comité de soutien aux tsiganes du 93, Collectif
des sans papiers de Seine Saint-Denis (93), Collectif des
sans-papiers des Hauts de Seine (92), Collectif des sans-papiers
kabyles de France (CSPK), 3ème Collectif des sans-papiers
de Paris, Collectif Unitaire de Défense des Elèves,
DEI-France, Etudiants et Enseignants étrangers (Académie
de Créteil), Coordination nationale des sans-papiers,
Droit Au Logement, Ecole Emancipée, Emancipation,
FASTI, Faut qu’on s’active ! (Boulogne sur mer),
FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves
de l’Ecole Publique), FERC-CGT, FSU, G10 Solidaires
Paris, GIIPR – Lyon (Groupe d'Information et d'Intervention
Pour la Régularisation), GISTI, « A Contre
Courant » (journal politique et syndical - Mulhouse),
ICEM Pédagogie Freinet, Identité – RROMS
Ligue de l’Enseignement, Ligue des Droits de l’Homme,
MGM (Syndicat de la Médecine Générale)
MRAP, PAS 38 (Pour une Alternative syndicale –
Isère), RAJFIRE (Réseau pour l'autonomie des
femmes immigrées et réfugiées), Ras
le Front RCTS (Réseau de travailleurs sociaux pour
l’insertion des jeunes étrangers), Réseau
Chrétiens Immigrés (RCI), Section Française
de Défense des Enfants, SGEN-CFDT, SUB TERRA a.s.b.l.,
SUD Haute-Loire, SUD-Culture, SUD-Education, SUD-PTT, Sud
Santé-Sociaux 57 Syndicat de la Magistrature, UDAS
(Union des Alternatives Syndicales), UNL (Union Nationale
Lycéens), UNSEN-CGT.
Collectifs d’établissement :
CISéé (Lycée Suger Saint-Denis - 93),
CISéé (Lycée Utrillo, Stains - 93).
Club UNESCO Terre Bleue (Charenton – 94), Collectif
de l'EURE de soutien à Wei-Ying et Ming et aux mineurs
et jeunes majeurs scolarisés sans papiers, CVSF,
collectif du lycée Jacques Vaucanson (les Mureaux
78), Comité de soutien des enfants tchétchènes
de l’école Baudelaire - Paris 12, LP Florian
(Sceaux - 92), LP Gustave Eiffel (Massy - 91), Lycée
Jean Jaurès (Châtenay-Malabry - 92), Lycée
Jean Macé (Vitry - 94), Collectif Lycée J.
Feyder (Epinay – 93).
Soutiens :
Alternative Libertaire, LCR, Les Verts, OCML VP-Journal
Partisan. PCF.